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Dans le cadre de l’initiative « Avenir commun durable » du Collège de France, un programme, porté par Valérie Matoïan (UMR 7192 – Proclac, Institut des Civilisations, Collège de France) et intitulé Les politiques de l’eau au Proche-Orient, de Sumer à nos jours, est en cours (2023-2026). Il comporte un volet concernant la région littorale de Syrie du Nord à l’époque contemporaine – correspondant peu ou prou au royaume de l’antique Ougarit –, où des changements importants affectant les pratiques agricoles, le couvert végétal et les sols, et en conséquence les ressources hydriques, ont été observés. Il s’agit de mieux comprendre ces évolutions, aux conséquences socio-économiques importantes, en cours dans ce secteur depuis une quinzaine d’années et d’évaluer la part, dans ces transformations, des conflits et des crises qu’a connu le pays mais aussi du changement climatique.
Les travaux à caractère géographique menés dans le cadre de ce volet « Ougarit » ont porté, en 2025, sur deux aspects complémentaires.
Le premier, réalisé par Myriam Traboulsi (climatologue, UMR 5133 – Archéorient, Lyon et Université libanaise), concerne l’étude de l’évolution récente des précipitations et des températures maximales et minimales dans le nord-ouest de la Syrie ainsi que leurs relations avec la circulation atmosphérique. Le but est de mettre en évidence et de quantifier les réalités et les conséquences du changement climatique dans cette région. Le travail d’analyse est terminé et la rédaction finale en cours. Ce changement se manifeste avant tout par l’évolution de la circulation atmosphérique (tendance à la hausse significative des hauteurs et des températures du géopotentiel 500 hPa), ce qui a des conséquences directes sur les températures de surface et les précipitations.
Le second aspect, étudié par Philippes Mbevo (géographe, post-doctorant à l’UMR 7192 – Proclac), Nicolas Jacob-Rousseau et Bernard Geyer (géographes, UMR 5133 – Archéorient, Lyon), porte sur l’évolution récente (les dernières décennies) du couvert végétal et édaphique ainsi que sur celle du réseau hydrographique et, plus généralement, des écoulements. En effet, il se révèle que la région a connu, du fait des crises et en moins de 20 ans, une transformation profonde de l’agriculture, aux effets potentiellement accentués par le réchauffement climatique. Quatre zones d’étude ont pour le moment été retenues – trois dans le secteur de Ras Shamra et une sur le littoral près de Jablé – afin de parvenir à caractériser et à quantifier les phénomènes en cours (transformation des paysages, dynamiques érosives, etc.). Les premiers résultats montrent que ces transformations se révèlent effectivement importantes.
À consulter également : Les politiques de l’eau au Proche-Orient
Bibliographie
, , , , 2025, « Les politiques de l’eau au Proche-Orient, de Sumer à nos jours », in J.-M. Mouton et N. Grimal (éds), La gestion de l’eau dans les civilisations de l’Asie, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Paris, p. 39-66.
, , 2024, Les paysages végétaux autour de Ras Shamra-Ougarit : une approche par la biogéographie historique (xviiie-xxie s.), in V. Matoïan, J.-P. Vita et B. Geyer (éds), 2024, Archéologie, patrimoine et archives, Les fouilles anciennes à Ras Shamra et à Minet el-Beida III, Ras Shamra – Ougarit XXIX, Éditions Peeters, Leuven, p. 253-295.
, 2019, « Aperçu sur le climat du littoral syrien », in V. Matoïan (éd.), Archéologie, patrimoine et archives. Les fouilles anciennes à Ras Shamra et à Minet el-Beida II, Ras Shamra – Ougarit XXVI, Éditions Peeters, Leuven, p. 223-241.
À télécharger : version en arabe du texte, traduit par Mohamed Al-Dbiyat

