Dans le cadre de l’initiative « Undergraduate Research Opportunities Program » (UROP) organisée conjointement entre l’Université PSL et l’UMR 7192 PROCLAC (CNRS, Collège de France, École Pratique des Hautes Études), deux stagiaires de licence en histoire (Margaux Viriot et Mael Marigny) ont pris part à la gestion et l’organisation d’une partie du fonds d’archives « Jacques Lagarce » de la mission archéologique syro-française de Ras Shamra-Ougarit dans le cadre d’une opération initiée et supervisée par Valérie Matoïan, directrice française de la mission.

Le fonds d’archives « Jacques Lagarce »
Jacques et Élisabeth Lagarce ont été archéologues de la mission de Ras Shamra sous les mandats de Claude Schaeffer et de Henri de Contenson au cours des décennies 1960-1970. En 1974, Jacques Lagarce a dirigé la mission avec Adnan Bounni. Leurs recherches se sont ensuite poursuivies sur le site voisin de Ras Ibn Hani.
É. et J. Lagarce ont produit un important ensemble documentaire portant sur les fouilles de Ras Shamra et de Ras Ibn Hani. Ce fonds d’archives concernant la Syrie a été remis par J. Lagarce à la directrice de la mission au premier semestre 2025.
Le fonds portant sur Ras Shamra est en grande partie inédit. Dans le cadre de ce stage, l’intérêt a porté sur les fouilles de la « maison aux albâtres », localisée dans un îlot d’habitation de la cité d’Ougarit dénommé « quartier résidentiel ».
Ces fouilles, conduites au cours de plusieurs campagnes réparties de 1966 à 194, ont uniquement fait l’objet de rapports préliminaires. La mission a aujourd’hui pour objectif de publier l’ensemble de ces découvertes faites il y a plus de 50 ans.

Les opérations réalisées lors du stage
Sous la direction de V. Matoïan, les stagiaires ont réalisé diverses tâches afin de rendre accessible aux chercheurs cette documentation. Lors de la réception des documents, aucune liste ne les accompagnait. La première étape a donc été de prendre connaissance du contenu du fonds. Des listes et index ont alors été réalisés.
La nature des archives est très diverse : documents photographiques (négatifs photographiques, diapositives, tirages argentiques), textuels (carnets de fouilles et de description de la céramique, inventaires des découvertes, documentation scientifique), graphiques (dessins d’objets au crayon et encrés), audio (cassettes) mais aussi des échantillons, des empreintes de sceaux-cylindres et des prélèvements de fouille (charbons, enduits muraux, etc.) exportés officiellement en vue d’analyses en laboratoire. Ainsi, des centaines de documents ont été vus, reconditionnés et classés.
Une étape cruciale de la gestion et de la valorisation des archives est la numérisation. Ce travail permet une consultation et une manipulation facilitée des documents et une conservation des informations sur un autre support, constituant ainsi un double. Les stagiaires y ont participé en traitant divers types de documents (négatifs photos, fiches-objet, dessins encrés, carnets, etc.). Par exemple, ce travail représente environ 450 négatifs photos et plus de 2200 pages numérisées pour les carnets de fouilles et de description de la céramique.
Le reconditionnement de différents dossiers a été requis. En effet, nombre de conditionnements d’origine (de la documentation papier et des échantillons et prélèvements) étaient altérés ou n’étaient pas adéquats. Une attention particulière a été portée à la conservation de l’intégralité des informations reportées sur les boîtes et enveloppes d’origine.
Grâce à ces différentes opérations, les stagiaires ont contribué aux opérations de valorisation scientifique et patrimoniale menées dans le cadre de la mission.

Au-delà de l’archivistique : les apports de ce stage
La visée pédagogique de ce stage a été plurielle. Mael Marigny et Margaux Viriot en ressortent avec une expérience professionnelle formatrice. Ils ont pu comprendre et pratiquer la gestion des archives, enrichir leurs connaissances historique et archéologique (visite organisée au Département des antiquités orientales du musée du Louvre pour découvrir les antiquités de Ras Shamra et de Minet el-Beida), et côtoyer des chercheurs, des doctorants et des post-doctorants de la mission de Ras Shamra. Ils ont aussi pu découvrir le fonctionnement de l’UMR PROCLAC au sein du Collège de France, bénéficier de plusieurs visites organisées au Collège de France par le service de communication et comprendre le fonctionnement d’une mission archéologique française à l’étranger émargeant à la commission des fouilles du ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères.
Ainsi, ce stage leur a permis de découvrir et de participer au monde de la recherche tout en ouvrant la voie à l’exploitation du fonds d’archives Lagarce qui sera poursuivie dans les mois à venir. Un rapport rédigé à la fin du stage détaille les enjeux, les objectifs, les opérations réalisées et les apports de ce stage. De plus, le travail a été présenté à l’occasion d’une journée d’étude (2 juillet 2026, Institut des civilisations, Collège de France).

Bibliographie
, , sous la direction de V. Matoïan, 3 juillet 2026, Rapport de stage UROP PSL 2025-2026 – Gestion, exploitation et valorisation des archives de fouille de la mission archéologique française à l’étranger de Ras Shamra-Ougarit, Paris (38 pages et 6 annexes).
Valorisation
, , sous la direction de V. MATOIAN, « Gestion, exploitation et valorisation des archives de fouille de la mission archéologique française à l’étranger de Ras Shamra-Ougarit », dans le cadre de la présentation « Écritures et civilisations ». Les stages UROP/PSL au sein de l’UMR PROCLAC Année 2025-2026, le 2 juillet 2026, à l’institut des civilisations, Collège de France.
Quelques références pour en savoir plus sur la « maison aux albâtres »
, , , et 1974, « La XXXIVe campagne de fouilles à Ras Shamra en 1973. Rapport préliminaire », Syria 51, p. 1-30.
1979, « L’architecture domestique à Ugarit au Bronze récent », Ugarit- Forschnungen 11, p. 105-134.
1997, La cité d’Ougarit sur le tell de Ras Shamra, Guides archéologiques de l’Institut Français d’Archéologie du Proche-Orient n° 2, ERC, Paris.
& 2008, « Remarques sur le matériel égyptien et égyptisant de Ras Shamra (« maison aux Albâtres ») et de Ras Ibn Hani à la lumière de données récentes sur la chronologie de la fin d’Ugarit », in M. Bietak & E. Czerny (eds.), The Bronze Age in the Lebanon, Studies on Archaeology and Chronology of Lebanon, Syria and Egypt, Vienne, p. 153-164.
